L'atelier du Non-Faire

était à l'origine un ancien pavillon d'hospitalisation, niché au coeur d'un grand établissement psychiatrique parisien. Durant 20 ans, il fut dévolu à ce qui s'apparentait plus à un squat artistique qu'à une unité de soins classique. A l'origine de sa création, Christian Sabas, infirmier, peintre et musicien. Ceux qui franchissaient la porte de l'atelier y trouvaient à disposition de la peinture, des toiles, des instruments de musique ; une écoute particulière, et par dessus-tout, la possibilité de "faire" - ou de ne rien faire. Le lieu fut fréquenté d'abord par des patients mais par la suite largement ouvert à tous.
La maladie mentale est toujours un tabou dans nos sociétés contemporaines. Si le regard social est communément bienveillant pour les désordres du corps, la souffrance psychique dans ses multiples manifestations entraîne encore souvent défiance, rejet et mise à l'écart. L'hôpital psychiatrique reste un monde à part (difficile autant pour les patients que pour les soignants), où la vie quotidienne est surtout rythmée par les injonctions thérapeutiques et la prise de médicaments, la persistance des douleurs et des désespoirs. L'atelier du Non-Faire y fut un lieu unique, lieu hors-normes de créations artistiques mais aussi de rencontres et de partages : "un asile dans l'asile".
// Paris, 2001-2006 - extraits